Mamere
A l’origine la mer d’où je viens
Ma mère d’où mon corps s’est formé
Mammaire d’où je me suis abreuvé
Ses seins sucés, ma survie assurée
Ce lien passé qui m’a attaché
Duquel à présent je dois me détacher
Ma subsistance
Mon plat de résistance
Ma soif de vie m’a rendu avare de toi
La vie, ton lait, tes seins, toi
Tes seins ne donnent plus depuis des années
J’ignorais que j’y étais encore attaché
Je vois, cette soif residuelle
Un reflexe naturel
Mais rien ne vient
Le goût est amer
Amaternel
Il est temps que je lâche
Sans quoi je me fâche
Tu n’es pas ma vache
J’étais saoul de ton lait
Juste en manque, non sevré
Alors que je réalise l’emprise lactée
Je retrouve la source, la vérité
C’est à travers toi que je suis né
Et tu m’as donné en premier
Mais nul besoin de rester enchaîné
Tes seins asséchés, ma survie assurée
Cet échange passé qui nous a attaché
Duquel à présent je suis relâché