Category Archives: Français

Mamere

Mamere

A l’origine la mer d’où je viens
Ma mère d’où mon corps s’est formé
Mammaire d’où je me suis abreuvé

Ses seins sucés, ma survie assurée
Ce lien passé qui m’a attaché
Duquel à présent je dois me détacher

Ma subsistance
Mon plat de résistance
Ma soif de vie m’a rendu avare de toi
La vie, ton lait, tes seins, toi

Tes seins ne donnent plus depuis des années
J’ignorais que j’y étais encore attaché

Je vois, cette soif residuelle
Un reflexe naturel
Mais rien ne vient
Le goût est amer
Amaternel

Il est temps que je lâche
Sans quoi je me fâche
Tu n’es pas ma vache

J’étais saoul de ton lait
Juste en manque, non sevré

Alors que je réalise l’emprise lactée
Je retrouve la source, la vérité
C’est à travers toi que je suis né
Et tu m’as donné en premier
Mais nul besoin de rester enchaîné

Tes seins asséchés, ma survie assurée
Cet échange passé qui nous a attaché
Duquel à présent je suis relâché

L’invisible

L’invisible

L’un visible l’autre non
Des sens limités mon savoir dépend

L’invisible l’autre nom
D’essence illimitée mon ignorance pend

Au-delà des sens
L’invisible pâlit face au visible qui séduit
Au-delà de cette porte
Le monde n’existe pas pour moi

Et pourtant, un son suffit
Pour me rappeler l’au-delà

Qui toque à la porte mon ami?
Qui me rend visite aujourd’hui?

Et bien oui
Au-delà des sens
Ce que tant de gens fuient
L’invisible gît

J’ouvris la porte et vis
C’était bel et bien lui
C’était juste mon ami
Venu pour me rappeler l’au-delà

Si l’inconscient ferme les yeux
L’invisible régit
Mais si l’un conscient ferme les yeux
L’invisible jouit

C’est ainsi que le silence rugit

Yoga

Yoga

L’union de deux
Voilà le yoga

Entre tête et cœur
Voilà la jugale

Mots contre mots
Mains contre mains
Corps contre corps
Confrontés

De l’opposition nait la position

Mots contre mots
Mains contre mains
Corps contre corps
Conjugés

Du conjugal nait le vital
L’essence même du zygote

L’union de deux
Voilà le jeu

Notes

Yoga signifie union.
La racine en sanskrit du mot est -yog.
Dans les langues indo-européennes ça a donné -yug, -zyg, -iug, et -jug

L’union c’est la base de la vie. C’est fondamental. C’est existentiel.

Être Point

Être Point

Je ne suis point un Pense humain
Je ne suis point un Faire humain
Je suis un Être humain point

Il faut savoir dépenser ce qui a été fait
Il faut savoir défaire ce qui a été pensé
Mais je ne peut point désêtre

L’être je suis
Comme le point sur ce i
Individuel
Indivisible
Indubitable

Il est temps de naître point

Spirométrie

Spirométrie

J’inspire
J’expire
Je fais des tours de spire

En sciences la cadence est d’importance vitale
Alors que l’entre-deux s’étire
J’en perds la mesure

J’inspire
J’expire
Je fais des tours de spire

Au fur et a mesure que la fréquence diminue
Alors que science recommande assistance ventilatoire
La démesure de l’entre-deux d’essence continue
Transforme ma conscience en jouissances exutoires

J’inspire
J’expire
Je fais des tours de spire

Croissant

Croissant

Est-ce que tu crois en Dieu?
Oui je croîs en Dieu

Du coup t’es un croyant?
Je dirais plutôt un croissant

Du coup t’es musulman?
Essentiellement

Mais pas que?
Mes pas que

C’est impossible !
Oui c’est un possible

Je ne comprends rien
T’as tout compris

Image par Yol Gezer

Souffle

Ecœuré était mon sort 
Dès mon premier souffle
J’étais troué du cœur 
Il avait un souffle

Écœuré du mot cordialement
Synonyme de cor dit elle ment
Torturé du par cœur
Je voyais clairement l’absence de cœur

Une absence écœurante
D’où naquit la rancœur
D’où naquit le mépris des chansons d’amour
De biens beaux mots vides de sens
En lesquels je ne pouvais pas croire faute de voir
On me traita de sans cœur
Pourtant je savais bien qu’il battait encore
Malgré la torture de l’absence je gardais espoir
Je gardais la possibilité ouverte
Peut-être qu’un jour je saurai ce qu’il en est…

Encore je vis sans son odeur
Un mot sur toutes les bouches
Sans pour moi la moindre valeur
Tout le monde en parle avec une soif désespérée
Voulant se consoler avec des fantaisies imaginées
Décorer l’attachement, l’infatuation, ou la passion avec l’organe qui bat
Continuant à refuser d’accepter cette fraude, j’ai failli désespérer
Autant vivre écœuré et désillusionné
Que vivre dans l’ignorance et avoir ma peine anesthésiée

Une fois j’ai même failli craquer
Mais je tenais encore trop à la vie
Jamais ce ne serait moi qui ferais que je meurs

Je voyais bien que le cœur était fondamental
Qu’il semblait en fasciner plus d’un
Mais pour moi il battait simplement
Avec le temps c’était de moins en moins à contre sens
Même le trou se refermait progressivement
Mais ça prenait du temps
Encore combien de temps je me demandais?
Je ne pouvais pas dire je t’aime
Tellement c’était faux pour moi
Plus d’une fois j’ai essayé 
Mais le mensonge persistait

Une chose était claire
J’ai un cœur
Il bat encore
Encore je vis
En corps je vis
Et parfois
En cor je vis
Comme la fois où j’étais en cœur

Il batta pour la St Valentin
Avec ce sein valent
Teinte de rouge

J’ai découvert la science de l’union avec l’existence
Oui là au moins j’étais en cœur
C’était clair
Bien qu’intermittent au moins j’avais une méthode auquel me raccrocher
Avec le temps c’est mon être qui commençait à être en chœur

Il raisonnait avec l’existence
Encore il bat
Ce cœur écœuré
Meme en silence

La main tenant
Mon cœur qui bouge

Et puis
Plongé dans le silence de l’existence
Ayant retrouvé mon souffle
Encore et encore et encore
Ayant retrouvé mon souffle
En corps et en corps et en corps
Ayant retrouvé mon souffle
En cor et en cor et en cor
Le trou s’est complètement ouvert
Totalement
Ses limites invisibles dissoutes

Cordialement ne rythmait plus avec cor dit elle ment
Le mot n’as pas changé
C’est encore le même mot
Seuls les sens dissous

Désormais mon cor raisonne
Il renferme ce trésor inépuisable
Là maintenant je peux simplement dire un mot
Amo

Ah la la

Ah la la

Oh Seigneur !
Ils ont traduit ton nom par Allah
Imprimé en rouge pour ne voir que ce mot sur toutes les pages

Ah la la,
Ils ne voient pas la division ainsi semée
Tout le sang qui sera ainsi versé
Que faire, que dire face à cette ignorance?

Allah la
En français on dit Dieu
La source de cette création
Mais si je dis Allah en voilà une belle distraction

Ainsi Dieu se nomme-t-il
Insidieuse idée subtile

Une séparation linguistique inutile
Un outil politique habile
Celui qui sait, ose à peine lier des syllabes à toi
Puisque tu es bien au-delà, et que quand bien j’y songe
Je vois bien que ces sons ne sont que mensonges
La vérité m’est bien plus chère

Me Amo

Me Amo

Combien de peine
Est-ce que je sème
Si je te dis je t’aime
Une pensée vaine
Puisque je ne peux pas

Tout commence quand je m’aimes
Comment donner ce qu’on a pas?
Il ne m’est possible de le donner non plus
Je ne t’aime pas
Il m’en est impossible

Je m’aime profondément
De là nait un possible
Il se trouve que par hazard
J’ai laissé tomber mes limites
Tu ne fais que partie de moi

Va chier

Va chier

Oh Seigneur !
Pardonne mon insolence
Mais dans mon silence
Au Créateur j’ai dit va chier
Puis pour être discret
Au Destructeur j’ai dit shiva

Il a fallu voir la constipation de mes créations
Il a fallu voir la petitesse de mon existence

Après avoir invoqué le Destructeur
Le Créateur a laissé place au Seigneur

Humus

Humus

C’est à la rencontre de l’inhumain
Que naquit le désir d’être divin

L’humain qui t’humilie, en te jetant à terre
Au divin pense s’élever, cependant à terme
Hautain malgré lui, il atterrira aussi
Moyennant paiement fonction de la gravité

L’humain qui t’humilie, en te jetant à terre
T’invite toujours à humer l’humus qui vous lie
Un cadeau béni pour celles et ceux qui s’inclinent
Acceptant ainsi de le ramasser par terre

Réalise donc sur quoi tu marches quotidiennement
L’humus nourrit tous, soutient tous, et enveloppe tous
Celui qui ose s’en rapprocher consciemment
En en humant abondamment l’essence
Restitue rapidement sa vitalité
Puisqu’il touche l’essence de l’humilité
Ainsi naquit le courage de se relever

L’humus nous constituant, tôt ou tard atterrit
Autant s’en rapprocher, avant d’être inhumé

Image par Natfot

Cocotte

Cocotte

Un jour le coq se croyait roi.
Il voulait sa liberté.
Dans son ego il fit de sa devise la fraternité.
Mais en le faisant, il oublia sa cocotte.
L’indispensable cocotte qui complémente le coq.

Quelques minutes plus tard,
Ayant été oubliée,
La cocotte explosa.
Le coq pensait être plus important qu’elle.
Puis la cocotte pensait pouvoir le dominer à son tour.
Les clashs continuèrent jusqu’à la convalescence.

Ils ne pondaient plus d’œufs.
Ils n’étaient que deux.
Un poulet castré et une poulette terrifiée.
Tous deux anéantis par leur quête de liberté.
Tous deux anéantis par leur quête d’uniformité.

Épuisés, sans plus de courage pour continuer la bataille,
Ils virent qu’ils ne sont pas égos.
Qu’ils sont différents
Opposés et compétents.
Également des êtres vivants.
Chacun désireux de vivre pleinement.
Égaux à cet égard.
Égaux sous les nuages.
Égaux sur cette Terre.
Ne voulant plus écraser ou se battre
Ne sachant que faire
Ni comment faire
Ils entrèrent en silence.

Un silence complètement taire.
Puis, pour la première fois depuis longtemps
Ils se sont retrouvés unis dans le silence.

C’est ainsi qu’il réalisèrent,
Que ce sont des êtres complémentaires.
C’est ainsi qu’ils réalisèrent,
La paire qui trois rend nécessaire.
Qu’il n’y a jamais deux sans trois.
Que frères et sœurs peuvent vivre unis.
Sans pour autant nuire à l’autre.
Sans pour autant compromettre leur intégrité.

C’est ainsi que le roi reconnut qu’il avait besoin de sa reine.
Que le coq reconnut qu’il avait besoin de sa cocotte.
Le silence dura le temps que les deux soient prêts.

Quand la cocotte était prête, ils commencèrent à parler de nouveau.

Ainsi débuta la co-quot:
La communication quotidienne.
La coopération quotidienne.
La communion quotidienne.

Depuis le coq et la cocotte se sont rapprochés.
Alignés avec la mélodie divine,
Leur seule réalité devint l’unité.
Ils revirent leur divise pour vivre unis.

Notes

Un commentaire sur la polarité masculin – féminin
Sur l’état de certaines relations hommes – femmes
Egalment une référence à la France et sa devise républicaine (liberté, égalité, fraternité), avec les conséquences subtiles de cette dernière.

La Compagne

La Compagne

Traversant ces champs
Vêtu de mon pagne
Je l’accompagne
Sur ce bout de chemin

A travers montagnes
A travers campagnes
Elle m’accompagne
Sur ce bout de chemin

Jusqu’où?
Qui sait?

Voulant la figer dans la loi
L’envol lent de son effigie déçois
Traversant camps et bagnes
Devenant son con joint
Une histoire de choix se dessine
Dictées inconscientes se destinent

Désillusioné
Je retourne au début
Traversant ses champs
Dévêtu de mon pagne

Conscient
A travers montagnes
A travers campagnes
Je la compagne
Elle ma compagne
Sur ce bout de chemin

Jusqu’à quand?
Aujourd’hui

Notes

Un poème qui prends différents sens au fil des lectures. A déguster et digérer lentement.

Voici, quelques uns de ses sens. Il y en a d’autres bien sûr.

Une référence au piège que peut-être le marraige si on espère figer la personne.

Une observation sur la nature du compagnonnage et sa nature transitoire, devant être cultivée et choisi consciemment.

“Ces champs” qui deviennent “ses champs”, suggérant que le monde devient à elle, comme dans l’idée de vouloir offrir le monde à sa bien aimée. Simplement si l’on considère que tout est déjà à elle. Tout lui a été offert instantanément. Additionnellement, si elle devient tienne, le monde lui aussi deviens tiens.

L’idée de devoir perdre quelque chose pour aimer, laisser tomber quelque chose de sa personne pour aimer, de devenir nu.

Anne

Anne

Dis Anne …
Pourquoi tu fais ça?

Il le faut. Y’a pas le choix.
Mais c’est faux. Y’a toujours le choix.

Diane, … c’est mon devoir.
Anne, … à toi de voir.

Et toi Diane…
Pourquoi tu fais ça?

Parce que j’en ai envie.
Impossible… y’a le devoir.
Oui… c’est un possible, à toi de voir.

Mais Diane…
Quand tu veux pas, comment tu fais?

Bah je fais pas.
Ah… si c’était si simple.
Mais ça l’est ma chère.
Mais y’a des choses qu’il faut faire…

… qui souvent peuvent attendre quelques instants.
Le temps que l’envie naisse.
Et si l’envie naît pas?
Bah tu fais pas.

L’Ânesse et la Déesse,
Elles font les mêmes choses.
Avec aigresse ou allegresse,
Deux façons de faire les choses.

Et Diane…
Une dernière question…
Quand t’as plus rien à faire, qu’est-ce que tu fais?
Dhyan et rien à la fois.*

Notes

– Aigresse: “Atrocité, caractère de ce qui est cruel à endurer moralement”

– Allegresse: “Joie vive qui se manifeste extérieurement”

*Dhyan et rien à la fois:
– un jeu sur l’expression “tout et rien à la fois”
– un jeu sur Dhyan homonyme de Diane, faisant allusion à l’idée d’ETRE soi-même sans FAIRE
– un jeu sur le mot Sanskrit Dhyan faisant allusion à un état de conscience pure qui transcend les sens

Juste un

Juste un

Justine était certaine
Elle en aimait juste un

C’était
Juste un désir crétin, d’après sa mère
Juste inacceptable, d’après son père

Juste jeune, elle acquiesça
Fallait rester objective
C’était juste impossible
Justine s’en détacha
C’était juste ça, juste un homme
Son subjectif n’avait plus de place
D’injustice son coeur se déforma
Justine devint injuste

Tout devint juste ça
Juste un verre de vin de plus
Juste du sex, juste des corps
Juste des bêtises de plus
Elle rêvait de se fondre dans le décors
Parfois même en conduisant
À quoi bon? C’était juste une vie

Justement,
Justine ne s’impliquait en rien
Elle se dévalorisait en tout
Tout avait goût de rien
Le jus de sa vie perdait en vigueur
Elle tomba malade

Puis elle rencontra Justin
Qui avec justesse lui dit
Ce juste te ment
Il te mène en bateau
Ce juste de l’autre tu l’as internalisé
Ce juste qui minimise et divise
Le perpétuer
C’est injuste

Justine vit
C’est en voulant grossir l’objectif
Que le subjectif subtile s’envole
Ce n’est pas juste l’un ou l’autre
C’est juste qu’en fin
Certes d’apparence distinct
Ces deux sont juste un

Justin

Justin

Justin était certain
Il en aimait juste un

Juste un désir crétin, d’après sa mère
Juste inacceptable, d’après son père

Juste jeune il acquiesça
C’était juste impossible
Justin s’en détacha
C’était juste ça, juste un désir
L’injustice déforma son coeur
Justin devint injuste

Tout devint juste ça
Juste un verre de vin de plus
Juste du sex, juste des corps
Juste des bêtises de plus
Il rêvait de se fondre dans le décors
Parfois même en conduisant
À quoi bon? C’était juste sa vie

Justement,
Il s’impliquait en rien
Se dévalorisait en tout
Tout avait goût de rien
Ce jus de sa vie perdait en vigueur
Il tomba malade

Puis il rencontra Justine
Qui avec justesse lui dit
Ce juste te ment
Il te mène en bateau
Ce juste de l’autre tu l’as internalisé.
Ce juste qui minimise et divise
C’est injuste à la vie

Justin vit
C’est en voulant grossir l’objectif
Que le subtile subjectif s’envole
Ce n’est pas juste l’un ou l’autre
C’est juste qu’en fin
Certes d’apparence distinct
Ces deux sont juste un

Yvonne

Yvonne

Inspiré de vie
La belle Yvonne
Légère et effervescente s’abandonne
Son ton chantonne

Puis un jour elle intone
Qu’est-ce que tu me donnes?

Rien et tout à la fois, lui murmura la vie

Les années passèrent, son audition s’altère
Son ton devient monotone

Inspirant de nouveau elle intone
Et moi? Qu’est-ce que tu me donnes?
De ce petit calcul sa vie ce saucissonne
Elle raisonne
Qu’en somme
Elle n’aura rien.
Elle expire

Désormais triste et vide, elle inspire de nouveau
Attendant que plus on lui en donne
Ce calcul pesant déjà une tonne
Ne pouvant tenir plus longtemps
Baissant sa tête et ses épaules
Elle expire

Dénouée de sens, vide et triste, est Yvonne
De sa simple question elle s’empoisonne
Et moi? Qu’est-ce que tu me donnes?

Puis un jour, de nouveau inspiré de vie
Une consonne de son ton
Se transforme en don
Elle s’en étonne
Elle se pardonne

Son ton transformé, de nouveau elle s’abandonne
Puisqu’elle fait don de sa personne

L’équilibre restitué résonne
Désormais sa vie abonde et foisonne
Sans calcul elle donne
Ayant compris que
L’abondance suit le don

Puis finalement
Un beau jour d’automne
Ayant tout donné
Yvonne, pour la dernière fois, expira

Nahel

Nahel

Salamalec,
Je m’en bats les’c
Ils ont tué mon frère ces fils de pute !
Pourquoi fermer mon bec?

Espèce d’insectes !
Un peu de respecte !
Moi j’suis un mec !

C’pétard il est impec.
J’peux tout brûler, j’peux tout casser !
J’m’en fous d’tes textes, ta bibliothèque !
J’préfère la discothèque !
Tes vitrines, tes règles de merde,
Tu peux aller t’les mettre !

Mon petit pénis érect il est plus grand que toi.
Moins que rien !

C’est quoi ta secte, ta république?
Cette chose publique je la nique !

Fais moi donc un chèque de quelques kopeks.
J’prends tes fringues,
J’brûle ta pierre,
J’encule ta mère,
J’tue tes gardiens.
Ces putains de fennecs !
J’oublie qu’il sont miens et comme eux j’deviens.

C plus si impec.
Ça pue les insectes.
Maintenant c ma maison qui brûle.
Mais qu’est-ce que j’ai fait?
Ouesh frère j’suie devenu quoi comme mec?

C toujours les autres le problème.
Sois circonspect.
Mais je veux du respect !
Réfléchis deux secondes.

Ouesh ton poème j’y comprends rien !
Parle plus simple sale bourgeois !
Si j’pouvais j’t’étoufferais toi aussi !
Ton verbiage n’est pas assez courtois.

Ferme ta gueule et donne moi de la justice !
La meilleure revanche ce n’est pas de réagir ainsi.
Canalise donc cette fabuleuse énergie.

Garde ton calme, et préserve la vie.
Gare à l’arroseur arrosé, il a de l’entrain.


Notes de l’Auteur

Quelques gouttes de colère humaine distillée.
Une problématique universelle.


Ce poème a été écrit pendant les insurrections de l’été 2023 en France où un policier a tué un jeune Nahel. Cet évènement a été suivi d’émeutes et de destruction à l’échelle nationale.
Je le publie alors que l’Israël bombarde la bande de Gaza en Palestine. Ce n’est malheureusement pas chose nouvelle.


– Y’a une référence au fait que les étrangers et classes dites “populaires” sont souvent accusés d’être source des problèmes d’un pays.
– Les kopeks renvoient au conflit Ukraine-Russie persistant au temps de l’écriture et désormais au temps de publication, aux différents intérêts géopolitiques dans les conflits.
– Quelques éléments de critique vis-à-vis de la masculinité et ce qu’est un homme vs un garçon.
– Et d’autres petites choses pour ceux qui chercheront